L’ego, ami ou ennemi

L’ego, ami ou ennemi

C’est quoi l’ego, ami ou ennemi ?

L’ego, souvent diabolisé, n’est-il qu’un concept complètement négatif ? L’ego est, ami ou ennemi ? Qu’est-ce que l’ego ? L’ego est ce sentiment qui nous donne l’illusion d’être une personne unique et indépendante. Ce sentiment interfère sur nos relations mais nous impose également une perception étroite qui se limite à lui-même. L’ego est une force en nous qui est assez primaire et se manifeste par des pulsions basiques du type je veux ce qui est bon pour moi, je ne veux rien de mauvais,  je suis indifférent au reste.

Comme tout sentiment primaire, il a une raison d’être initiale et il fut, il reste nécessaire à notre survie, donc pas tout à fait nuisible. Cependant, avec l’évolution, cette petite bête qui nous voulait du bien à fini bien souvent par prendre le contrôle de nos pensées et de nos actes et par nous faire couramment plus de mal que de bien.

La personne qui est esclave de son ego s’épuise dans des luttes incessantes pour satisfaire cette volonté insatiable. Cette lutte ne l’aide pas à vivre mais bien au contraire la met en état d’esclavage et la soumet à tous les conditionnements. La personne dominée par son ego est en général en grande souffrance.

Tout rapporter à soi : un enfer à vivre

L’égocentrique rapporte tout à lui-même et se considère comme le centre du monde. Cette tendance est révélatrice d’un sentiment d’insécurité intérieure et parfois de dévalorisation. Quand l’égo prend trop de place, notre perception du monde se réduit. Quand l’égo nous gouverne et prend trop de place, nous ramenons tout à nous, nous pensons être responsable de tout ce qui arrive autour de nous et aux autres, nous nous croyons à l’origine du bonheur ou du malheur des autres et nous prenons pour nous même le moindre mot qu’ils prononcent, la moindre grimace. Un ego trop actif fait de notre vie un enfer.

Un facteur d’isolement et de souffrance

En effet un ego surdimensionné rend méfiant à l’extrême et paranoïaque, provoque la certitude que les autres nous en veulent. Ainsi, croit-on déceler une attaque cachée derrière chaque mot chaque geste, on prend tout pour soi, tout nous concerne, le monde entier tourne autour de nous et tout ce qui arrive, tout ce qui se dit est forcément en rapport avec nous et forcément négatif. Il est possible que le personne se coupe du monde et des autres et renonce à la fréquentation de personnes sincères et bienveillantes avec elle, à cause de son excès de défiance. Il est possible aussi que ce soit l’entourage qui finisse par s’éloigner à force de se sentir tenu à distance et d’être à ce point objet de méfiance. La confiance s’obtient en se donnant.

Un puissant sentiment de dévalorisation

La personne qui a un ego trop puissant manque de confiance en elle à l’origine. Elle va tenter de compenser ce complexe en se valorisant, à ses yeux, de diverses manières. Cela peut être, par exemple, en se vantant des choses qu’elle accomplit, qu’elle réussit, de ses talents, mais ça peut être aussi se présenter sous l’apparence d’un héros/héroïne ou d’un sauveur(euse) voire de la personne qui se sacrifie pour autrui.

Paradoxalement, l’égocentrique ne reconnaîtra jamais s’être trompé, le complexe d’infériorité étant intimement lié à celui de supériorité, telles les deux faces opposées d’une seule et même médaille. Il est trop orgueilleux pour ça et pour cette raison il préfèrera s’épuiser jusqu’à l’extrême pour défendre ce qu’il perçoit comme son « honneur » et qui lui semble vital, même s’il s’agit de broutilles. Il ne s’excuse jamais, il ne demandera jamais pardon car il ne reconnaîtra jamais rien.

L’ego donne pour recevoir

Il y a de nombreuses personnes qui, dominées sans le savoir par leur ego, s’investissent dans des œuvres caritatives ou humanitaires (par exemple) mais qui le font, inconsciemment, pour s’aider elles-mêmes bien plus que les autres. Les bénéficiaires doivent offrir en échange à leur bienfaiteur l’image de lui-même dont il recherche confirmation avec avidité, il doit en quelque sorte « rembourser » en reconnaissant les qualités de son bienfaiteur.

Cela peut aller jusqu’à la mentalité de « dame patronnesse », plus évidente autrefois et qui consistait pour des dames de la bonne société désœuvrées et en mal de valorisation personnelle à assister les pauvres, les « filles perdues », les jeunes ou les malfaiteurs repentis, certes avec une authentique générosité et efficacité souvent mais en cherchant bien plus à faire exister une image d’eux-mêmes valorisante et conforme à leur idéal (conventionnel) plutôt qu’à donner à l’autre l’indépendance et la liberté.

Bien au contraire, la dame patronnesse s’imposait à elle-même une vie rigide engoncée dans le carcan des conventions sociales et de ce qui devait faire d’elle à ses propres yeux « quelqu’un de bien, de décent » ; en toute logique elle cherchait à faire porter ce corset de conventions à ses protégés, le plus souvent intimement persuadée que c’était pour leur bien.

L’égocentrique est capable de générosité mais il attend toujours quelque chose en retour de ce qu’il donne, de la reconnaissance ou une dette morale qu’il n’hésitera pas à rappeler au besoin si le bénéficiaire de sa générosité a tendance à oublier ce qu’il a fait pour lui. Il se différencie donc de l’égoïste qui ne fera jamais rien pour les autres, lui il donne mais il donne pour recevoir, se rassurer, se valoriser et acheter en quelque sorte la part de valeur qu’il ne parvient pas à s’accorder lui-même. C’est un individu qui a besoin de se sentir méritant et qu’on le lui fasse sentir, il pourra éprouver de la rancune envers une personne qui ne lui dose pas sa dose de reconnaissance en échange des services qu’il peut rendre par exemple pour l’obtenir.

L’ego est un dictateur impitoyable avec celui qui le nourrit et avec les autres

L’égocentrique estime être lui-même la référence absolue, le carcan qu’il s’impose il veut l’imposer à tous mais il ne peut le faire que sur les personnes chez qui il a pu installer une certaine emprise, ceux qu’il estime être ses débiteurs. Ne pas agir dans son sens pour ces personnes, serait alors perçu comme une trahison et une ingratitude. C’est l’individu qui va donner une pièce à un mendiant dans la rue pour acheter un sandwich et deviendra blême de colère dix minutes après en constatant que celui-ci est allé plutôt acheter une bouteille de gros rouge. L’ego ne laisse aucune place à la liberté de celui qui le subit et l’ego d’un individu cherche à détruire aussi la liberté des autres. L’ego est intolérant, implacable et dictatorial avec celui qui le laisse régner en lui et envers son entourage.

L’ego victimise et rend dépendant

Cette personne aime parfois faire la liste interminable de ses malheurs, de ce qu’elle subit et de tout ce qu’elle doit faire sans cesse pour compenser cette avalanche de catastrophes et malchances dont elle est la victime innocente, poursuivie injustement et inexplicablement par le sort. Elle aime bien aussi culpabiliser insidieusement ses interlocuteurs en laissant entendre qu’ils sont pour beaucoup dans les sacrifices qu’elle doit accomplir.

L’égocentrique a besoin de reconnaissance, il cherche sans cesse par son attitude, à être rassuré, complimenté ou plaint, pas autant pour faire reconnaître un sort difficile que pour faire reconnaître sa grandeur et son courage face à l’épreuve. Il est incapable de reconnaître par lui-même sa valeur et est en recherche permanente d’une confirmation extérieure. Cette recherche, ce besoin, le rend dépendant des autres et des personnes qui, consciemment ou pas, vous lui fournir sa dose de reconnaissance et le rassurer.

L’égocentrique est constamment dans la comparaison, il se compare aux autres et accumule les complexes. Il se présente sous son meilleur jour, lui ou les membres de sa famille ou ses amis intimes, pris à ce moment-là comme un prolongement de lui-même : ils le valorisent s’ils brillent, ils ternissent son image s’ils se montrent défaillants.

L’ego est pessimiste et alarmiste

C’est un tempérament qui est lié à un profond pessimisme et négativisme, la personne est en permanence tendue à l’extrême, stressée, angoissée, prête à accueillir un événement négatif ou une catastrophe à tout moment. Elle a parfois un caractère alarmiste et monte en épingle certains événements afin de valoriser son talent à les gérer. Certaines de ces personnes passent leur temps à terroriser leurs proches en les submergeant d’informations alarmantes sur l’actualité, les nouvelles lois, les nouveaux règlements, les nouveaux dangers et tout ce qui pourrait les impacter prochainement et très gravement. Ils cherchent à attirer l’attention, effrayer et à dans leur entourage ou famille une forme de peur et de frilosité qui ressemble à leur propre frayeur et qui les placerait en position de ressource face à ces dangers (imaginaires ou très surestimés).

L’ego est rancunier et vindicatif

Une des caractéristiques de l’égocentrique est aussi la rancune et l’esprit de vengeance. Cela se manifeste s’il pense avoir été trahi ou attaqué (et il le pense très facilement du fait de sa tenance à la paranoïa) mais bien plus encore si c’est son image qui lui semble attaquée. Il se place en position d’extrême fragilité puisqu’il place son bien-être entre les mains d’autrui qui, à tout moment, peut le faire basculer dans une colère suivie de déprime, d’un seul mot.

L’ego est paranoïaque

Parfois l’attaque est totalement imaginaire, le côté paranoïaque de l’égocentrique le pousse à passer son temps à chercher la critique ou l’attaque directe, indirecte ou même cachée qui pourrait se dissimuler dans le discours ou l’attitude des autres. Comme on trouve toujours ce qu’on recherche avec acharnement et constance, il finira par se convaincre que tout le monde lui en veut et que tout le monde le critique et surtout le dévalorise. Il dépense une énergie phénoménale à défendre son image de marque et à se battre bec et ongles aussi longtemps que nécessaire et jusqu’à  l’épuisement pour effacer un doute sur sa compétence, ses connaissances ou dissimuler une erreur qu’il aurait commise, une chose qu’il aurait exprimé à tort ou maladroitement, il s’acharne là où la grande majorité des gens lâcherait l’affaire car ça n’est pas vraiment important. Il ne connaît pas le lâcher-prise qui pourtant serait extrêmement bénéfique pour lui et libérateur. Il est perfectionniste afin d’oublier et d’effacer son sentiment d’infériorité et il ne supporte pas qu’on puisse douter de cette perfection. Il se sent toujours isolé et incompris.

L’ego est envieux et jaloux

Un ego excessif provoque la frustration, la jalousie et l’envie…

Dans ce profil, le mensonge et la rétention d’information sont pratiqués couramment puisque la méfiance est grande et que l’individu projette sur les autres ce qu’il ressent lui-même. Il redoute de la part des autres la jalousie qu’il éprouverait à leur place dans certaines situations et peut donc mentir, essentiellement pour se protéger ou dissimuler des informations le concernant de peur qu’elles ne soient utilisées et exploitées contre lui. Il ne fait confiance à personne, pour lui l’information est le pouvoir et plus les autres ont d’information à son sujet plus il se sent vulnérable. Il peut être malhonnête quand ça sert ses objectifs, revenir sur ce qu’il a dit, nier ou transformer ses propos, accuser l’autre de ne pas le comprendre afin de ne pas admettre ce qu’il a fait ou dit.

Sa jalousie est plus dirigée sur la liberté que l’autre s’octroie (ou qu’il voit et perçoit ainsi) et que lui n’ose pas s’autoriser par peur, plutôt que sur des objets matériels ou des qualités intangibles. Ce qu’il envie le plus au monde c’est tout ce qu’il ne s’autorise pas. La métaphore du corset lui convient très bien, il le porte et très serré pour préserver son image, pour paraître mais il envie terriblement ceux qui se promènent sans entraves et respirent à pleins poumons. La domination de l’ego peut devenir un cruel cilice porté complaisamment, avec un masochisme qui s’ignore et croit protéger et sauver son porteur par le supplice qu’il inflige. Plus la personne qui se laisse conduire par son ego sera rigide dans l’auto-contrôle et et moins elle sera maîtresse d’elle-même.

“Le moi n’est pas maître dans sa propre maison” Sigmund Freud (Introduction à la psychanalyse)

L’ego est aussi un dictateur pour l’entourage

L’égocentrique aime avoir du pouvoir sur les autres. C’est un petit dictateur. Il éprouve le fort besoin de sentir supérieur à autrui, pour se rassurer, il va donc s’attacher à des personnes qui ont à ses yeux de la valeur mais dont il peut néanmoins se considérer supérieur, au moins temporairement.

Ce sentiment de supériorité ne lui suffit pas, il souhaite aussi contrôler les autres, les personnes qu’il a choisi pour le nourrir dans son sentiment de supériorité. Il n’hésitera pas à employer la manipulation et la coercition afin de contraindre l’autre à agir comme il le désire, il fera pression sur l’autre pour le faire agir contre son gré et selon ses propres désirs ou  intérêts. C’est une personne possessive qui fait tout pour lier et attacher les personnes de son entourage, celles qu’elle a décidé de contrôler. Il va souvent affirmer bien haut sa tolérance, son ouverture d’esprit et clamer le droit à la liberté de choix et d’action de l’autre, tout en s’arrangeant en sous-main pour que celui-ci ne puisse pas l’utiliser. Pour cela il emploiera tous les moyens de type « passif agressif », comme le silence, la bouderie, les allusions, la fuite, et surtout les tentatives de culpabilisation et de chantage aux sentiments indirectement exprimés.

L’ego est infantile

L’égocentrique manque de patience, il est exigeant et veut tout, tout de suite. Il en veut toujours plus. C’est un éternel insatisfait, comme un petit enfant capricieux. Il s’attache au négatif et refuse de voir le positif, il ne prend en considération que les défauts de l’autre, et juge ses actions de la même manière.

C’est un pleurnichard invétéré qui adore se plaindre et se fait toujours passer pour la victime des événements, du sort et surtout des autres. Il se laisse déborder par ses émotions, il s’énerve facilement, peut piquer des crises de nerfs, il pleure facilement.

Le Juge, le Parasite et le Livre des Lois, selon Don Miguel Ruiz

Du point de vue de l’écrivain et coach en développement personnel, Don Miguel Ruiz (Les 4 accords toltèques), la perception qui vit sous l’emprise de l’ego est devenue totalement esclave de ce qu’il appelle « le parasite », qui représente toute la gangue de notre éducation et de nos conditionnements humains. C’est un programme, installé dans notre mental et qui a pris le contrôle à la fois de notre esprit et de notre corps. Il nous domestique et fait de nous des malades, toujours à la recherche de la perfection, et donc incapables de trouver le bonheur. A la place le parasité ne trouve que condamnation et culpabilisation, à la fois pour lui-même et pour les autres. Il n’est plus que souffrance et il fait partager sa souffrance aux autres.

Cet auteur divise ce parasite en trois entités : le Juge, la Victime et le Livre des Lois. Le Livre des Lois est l’ensemble des croyances établies et des conditionnements moraux que nous avons constitué au fil du temps, à partir de notre éducation et du « dressage » social. C’est notre registre de référence. L’egocentrique utilise peu son esprit pour penser personnellement, il baigne dans les conditionnements sociaux et n’a recours qu’à la pensée collective dominante sauf si bien sûr s’il subit d’autres influences plus positives qui lui fournissent une autre manière de penser, qu’il prétendra partager et suivre lui-aussi car au fond de lui il est bien conscient de son conformisme qui lui donne justement un fort désir de se démarquer et de montrer qu’il est différent et ne partage pas les opinions dominantes.

Cette contradiction se révèle à travers ses actes qui ne vont pas dans le sens de ce qu’il affirme être. L’un d’eux peut par exemple affirmer, en présence de personnes qui mangent biologique ou vegan et ne se soignent qu’à l’homéopathie, qu’il est lui-aussi dans ce courant d’idées. Pourtant, il consulte exclusivement les médecins allopathes, ne soigne qu’avec des médicaments chimiques et achète en conventionnel et il va jusqu’à oublier de s’en cacher. Il va adopter en paroles toute particularité ou courant parallèle qui lui semble valorisant ou intéressant, surtout s’ils sont suivis par des personnes qu’il admire secrètement mais il ne les intègre pas et oublie de faire preuve de cohérence, non seulement dans ses actes, mais aussi dans sa manière de s’exprimer et il va continuer à suivre la pensée dominante, en dépit des affirmations prononcées en public.

Il est vain de tenter de lui faire remarquer ces incohérences car son ego, hyper réactif, réagira aussitôt pour se défendre bec et ongles, se justifier et s’il a dit une chose qu’il ne peut pas nier, soit il dira avoir été mal compris, soit il invoquera l’exception et la justifiera avec hargne. Ne cherchez pas à le mettre face à ses propres contradictions, car vous provoquerez en lui beaucoup de colère et d’agressivité tournée contre vous et cela ne le fera pas évoluer pour autant.

« Le Juge » dans la conception de Don Miguel Ruiz, est la partie qui en nous va constamment critiquer (nous ou les autres), juger, voir le négatif et le pire, envisager toujours le  mal en tout et en tous. Le Juge nous fait douter et vivre dans un état d’alarme et d’attentes négatives permanent.

La Victime est la part opposée de nous-mêmes qui se plaint et se lamente tout le temps, se sent incomprise et persécutée. C’est la partie de nous-mêmes qui souffre, qui  n’a pas su grandir et maintient actifs de processus de défense qui relèvent de la psychologie enfantine. L’ego de la Victime cherche à la préserver de tout danger ou reviviscence de traumatismes déjà expérimentés. Il va percevoir et imaginer des dangers partout à travers les actes et les paroles des autres. Il ne connaît pas la nuance, la bienveillance ou la compréhension. Ses réactions de défense sont brutales et primaires.

Ces trois aspects vivent en chacun de nous.

L’ego surdimensionné c’est le tien, c’est le mien

Il est aisé après la lecture d’un tel article et c’est certainement le cas, de reconnaitre tout ou partie de personnes de notre entourage, n’est-ce pas ? Mais prenez le temps de la réflexion avant de placer des étiquettes sur les autres. Qu’en est-il de vous ? Nous avons tous un ego. Et tant mieux ! Il est normal d’avoir un ego, dans nos existences d’être incarnés et pour vivre en société, nous avons besoin d’une part d’individualité, nous avons aussi besoin de nous aimer et de ne pas accepter les agressions gratuites.

Jusqu’ici les aspects de l’ego que nous avons examiné ont plutôt un caractère diabolique. L’ego serait simplement l’ennemi en nous, celui qu’il faut combatte et abattre. D’ailleurs n’est-ce pas ce que prônent les religions et la spiritualité ?

Faut-il alors tuer l’ego ?

Pourtant notre ego n’est pas seulement un ennemi. Notre ego doit simplement être sain et équilibré, il doit être capable de s’affirmer, de se positionner et d’agir sans rester coincé dans des tergiversations sans fin. Ce qui nous fait souffrir c’est de lui laisser la bride sur le cou et de ne plus parvenir à le contrôler. Sommes-nous bien certains de ne pas être les premiers concernés par les notions que nous venons de voir ? Au moins en partie et au moins dans certaines périodes de notre vie. Mais l’ego est une partie de nous-mêmes et nous ne pouvons pas tuer ce qui constitue notre unicité, notre part incarnée en ce monde matérialiste.

Que faire ?

Celui qui est débordé par son ego n’est pas mauvais en soi. Il ne cherche pas à nuire volontairement aux autres même s’il peut le faire en se laissant conduire par ses pulsions égocentriques et en privilégiant la protection et la défense de son image envers et contre tout. Il n’est pas mauvais, il est juste la proie d’émotions et ressentis qu’il ne contrôle pas, il est le jouet de conditionnements sociaux qu’il n’a jamais appris à remettre en question et est victime de lui-même, à la fois Juge, Victime et Livre de la Loi. C’est une personne en souffrance et s’il faut parfois savoir s’en protéger, il est inutile de la condamner.

Enfin, lorsque nous-mêmes nous souffrons, nous nous victimisons, nous critiquons les autres et leur attribuons la cause de tout ce qui peut nous arriver ou se produire de négatif, lorsque nous voyons le mal partout, demandons-nous alors où en est notre ego, apprenons à examiner régulièrement ce petit démon qui vit en nous et nous mène la vie dure afin de le remettre à sa place à chaque fois que nécessaire.

Il est nécessaire d’être à l’écoute de soi afin de déterminer nos propres conditionnements, nos dérives personnelles génératrices de souffrance. Observer et analyser l’autre ne peut être positif que si cela est fait avec compréhension et bienveillance et que l’on utilise cette analyse pour l’appliquer également à soi-même, dans un but de progression et d’évolution personnelle et d’aide à l’éveil d’autrui, pourquoi pas, si celui-ci en a vraiment besoin et exprime clairement un besoin et une volonté de changement. A défaut, nous devons être capables de voir sans juger, de comprendre et de rester bienveillants.

L’ego est un esprit, notre esprit et il vit en nous, à ce titre nous devons apprendre, non pas à le tuer, non pas à l’ignorer ou à le maudire mais à l’utiliser de la bonne manière, à le “chevaucher” pour reprendre ce verbe utilisé par les cultures qui intègrent la notion de possession par des forces. Ainsi pourrons-nous l’utiliser à bon escient, pour nous intégrer pleinement à ce monde car sans lui nous ne pourrions en faire partie, l’ego est une structure qui nous maintient psychologiquement en santé et nous permet de vivre, sans lui nous sombrerions dans la folie.

Traiter l’ego par la douceur, la reconnaissance et le lâcher-prise

N’oublions pas d’appliquer la compréhension et la bienveillance à nous-mêmes également lors d’un tel examen, lutter contre l’ego par l’ego, et il ne saurait en être autrement, est un non sens. Nous devons être capables d’accepter cette partie de notre être, l’accepter et la reconnaître. Cette reconnaissance même nous aidera à limiter ses débordements. Si je prends conscience que ici et maintenant c’est mon ego qui est en train de parler et d’agir, je me libère de son contrôle sur moi, je retrouve ma part de liberté. La domination de l’ego sur nous-mêmes ne se combat pas par la lutte et la violence mais bien au contraire par la reconnaissance, l’acceptation et le lâcher-prise.

Cette ambivalence de l’ego en nous me rappelle personnellement les enseignements de Carlos Castaneda, dans lesquels son personnage principal, le chaman yaqui Don Juan distinguait le tonal et le nagual, deux natures aussi opposées qu’indispensables dont chaque homme, chaque femme avait besoin et qui se devaient d’être les plus forts et équilibrés possibles tout en demeurant aux antipodes l’un de l’autre. Le tonal est en quelque sorte l’être social en nous, la création de notre monde de conditionnements et le nagual notre conscience pure, notre être spirituel. C’est toute la complexité de la conscience incarnée dans la chair et la difficulté de parvenir à réconcilier les deux, faire l’expérience de l’incarnation pour les purs esprits que nous sommes. Peut-être que notre mission de vie principale consiste à relever précisément ce défi, devenir des guerriers de lumière.

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Véronique CHEYRIAS
Praticienne Hypnose Ericksonienne et Programmation Neuro Linguistique

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