C’est quoi l’autohypnose ?

Nous avons déjà étudié ensemble sur ce blog ce qu’est l’hypnose en général. Nous allons ici aborder l’autohypnose par une première approche générale qui va vous permettre d’en avoir déjà une idée un peu plus précise, de connaître ses mécanismes, son utilité et son fonctionnement. Cet article a simplement pour vocation de vous présenter l’autohypnose sans entrer dans le détail. Il s’agit d’une simple introduction. Les concepts abordés devront être revus plus en détail bien entendu.

Mais alors c’est quoi l’autohypnose ?

C'est quoi l'autohypnose ?L’autohypnose consiste tout simplement à se mettre soi-même , volontairement, en état d’hypnose afin de bénéficier de tous les avantages de l’hypnose sans l’aide ni l’intervention d’une autre personne. Vous allez chercher à communiquer avec votre inconscient afin d’atteindre votre objectif, qu’il soit psychologique ou physiologique, ou les deux.  Comme dans le cas de l’hétérohypnose, cet objectif doit être soigneusement étudié et déterminé au préalable afin de pouvoir l’exprimer très clairement à votre inconscient.  Vous utiliserez l’autohypnose de façon plus large pour votre développement personnel et défaire les conditionnements négatifs que vous avez identifiez. Autrement dit, l’autohypnose est un outil qui peut vous aider à mieux gérer votre vie et à l’améliorer. 

Comme dans le cas de l’hypnose, elle peut vous aider à augmenter vos performances par exemple (être plus concentré, augmenter vos capacités d’endurance si vous faites du sport, améliorer votre mémoire, apprendre plus facilement une langue étrangère…)

La clarté de l’objectif poursuivi est l’élément essentiel. Ceci est très important car l’inconscient a tendance à comprendre les choses très littéralement. Le langage de l’inconscient (son langage et non son intelligence !) correspond à celui d’un enfant de 7 ans. Par conséquent, vous devez toujours vous adresser à votre inconscient en utilisant des mots très simples, des phrases courtes et dépourvues de toute ambiguïté. Comme toujours, vous devez vous adresser à votre inconscient en utilisant des formules positives et en évitant toute négation. Evitez de dire, par exemple : “Je ne veux plus être timide” mais dire à la place : “Je veux être sûr(e) de moi”.

Qui peut utiliser l’autohypnose ?

De la même manière que pour l’hypnose, il y a peu de contre-indications mais il faut les reconnaître. L’hypnose et l’autohypnose sont contre-indiquées au personnes qui souffrent :

  • d’épilepsie
  • de pathologies mentales (schizophrénie, …)
  • de démence (perte sérieuse des fonctions cérébrales, de l’attention, de la mémoire et du langage)
  • de psychose endogène (trouble mental lié à l’utilisation de substances psychoactives)
  • d’hypotonie (diminution du tonus musculaire)
  • de tendances à des réactions impulsives (perte du contrôle de soi)
  • sans être réellement une contre-indication au sens propre, certaines personnes renonceront à utiliser l’hypnose et l’autohypnose pour des raisons religieuses

N’utilisez pas l’hypnose ou l’autohypnose si vous pensez être dans un de ces cas.

Quelles sont les précautions à prendre pour faire une séance d’autohypnose ?

Bien entendu, vous ne devez pas essayer de solutionner un problème de santé seul sans avoir consulté un médecin au préalable. Dans tous les cas, vous devez toujours requérir l’avis d’un médecin afin d’éliminer toute hypothèse d’un problème purement médical ou bien l’utiliser en parallèle à votre traitement éventuel.

Lorsque vous êtes hypnotisé par un professionnel, celui-ci connaît parfaitement les précautions à prendre pour que la séance se déroule au mieux. Par ailleurs, il est là pour vous guider et veiller à votre sécurité, vous pouvez donc vous abandonner en toute quiétude. Lorsque vous pratiquez l’autohypnose, vous devez simplement prendre quelques petites précautions. L’hypnose n’est pas dangereuse, en aucun cas mais en cas de pratique solitaire, il faut simplement prendre certaines précautions et poser des “fusibles”.

Qu’est-ce qu’un fusible ?

Pendant une séance d’hypnose ou d’autohypnose, il est nécessaire de prendre certaines précautions, appelées “fusibles” dans le jargon du métier. En cabinet, votre praticien s’occupera de placer les fusibles nécessaires à votre confort, votre sécurité et à la bonne réussite de la séance. Dans le cadre de l’autohypnose, vous ne devez  pas oublier de faire ce travail vous-même.

Les fusibles à mettre en place en début de séance :

  • Contrôler la durée de votre séance. Il arrive très souvent, sous hypnose, que nous perdions la notion du temps, la séance peut nous avoir semblé très courte et avoir duré beaucoup plus longtemps que dans notre perception. Parfois aussi, si nous manquons un peu de sommeil ou de concentration, il peut arriver que nous nous endormions à la fin d’une séance d’auto-hypnose. Tout cela n’est pas bien grave mais peut être gênant si vous n’aviez pas prévu de faire une sieste en bonus après votre séance et si vous aviez des activités ou des rendez-vous prévus un peu plus tard. Pour éviter toute mauvaise surprise, il vous suffit de penser à demander tout simplement à votre inconscient en début de séance de vous garder en transe pendant la durée que vous avez prévu et souhaité, par exemple 20 minutes et de vous faire revenir en état de conscience ordinaire après ce laps de temps.
  • Prévoir de revenir et de réagir très rapidement en cas d’urgence ou de danger (incendie, inondation…). Comme pour le timing, il suffit de demander à votre inconscient de rester vigilant à l’environnement durant toute la séance  et de vous ramener à votre état de conscience ordinaire tout de suite en cas de nécessité.
  • Dans le cadre de l’autohypnose, vous devez vous assurer de ne revivre en mode associé que des expériences et souvenirs agréables. Vous devez éviter de revivre des souvenirs de traumatisme, accident, etc. si vous êtes débutant, sauf si vous avez déjà bien appris les techniques de dissociation. De façon générale, la reviviscence d’un traumatisme doit être vécue uniquement avec l’assistance d’un professionnel.
  • Soyez prudent(e) avec les régressions en âge pour les mêmes motifs
  • Intégrer à votre séance les bruits de la vie courante (sonnerie du téléphone ou de la porte, avion qui passe, bruits de circulation, klaxons, musique dans le voisinage etc.) afin de ne pas être perturbé par eux ou de sortir de transe à cause de cette gêne. Là encore il suffit de demander à votre inconscient d’intégrer ces bruits ordinaires et de ne pas se laisser perturber par eux.
  • Intégrer tout autre fusible dont vous pourriez avoir l’utilité, selon le cas et contexte

Quelles sont les indications de l’autohypnose ?

Les indications de l’autohypnose sont les sont les mêmes que celles de l’hypnose. Vous retrouverez une liste d’indications de l’hypnose et donc de l’autohypnose à titre d’exemples et bien que non exhaustive dans l’article “C’est quoi l’hypnose ?

Comment se mettre en autohypnose ?

Nous avons déjà étudié trois méthodes pour entrer en transe hypnotique (voir l’article : “ Comment entrer en transe hypnotique ?”). Pour pratiquer l’autohypnose, nous avons donc deux possibilités :

  • utiliser un état de transe spontanée
  • faire une autoinduction

La transe spontanée est certainement plus simple et facile à utiliser puisqu’elle consiste à utiliser et exploiter un état modifié de conscience qui se produit naturellement et spontanément au cours de la journée, mais le contexte et l’environnement ne sont pas toujours favorables et appropriés. Le meilleur moment pour utiliser la transe spontanée est le matin au réveil, dans un demi sommeil, si vous n’avez pas de contrainte horaire (le week-end, pendant les vacances…), le soir au coucher ou pendant une sieste ou un moment de détente.

L’auto-induction peut être provoqué de diverses manières. La plus simple consiste à focaliser votre attention et votre regard sur un objet. Il s’agit de fixer cet objet, de préférence sans cligner des yeux, pour provoquer une fatigue oculaire jusqu’à ce qu’on entre dans un état de transe et de détente hypnotique agréable. L’auto-induction doit faire l’objet d’exercices et d’un entraînement spécifique au début, sans autre but que d’obtenir un état de transe, jusqu’à ce que vous parveniez à vous mettre dans l’état de conscience modifié (EMC) approprié à la demande. Des exercices d’approfondissement de la transe sont également utiles pour accentuer l’EMC et augmenter l’efficacité de votre travail.

L’ancrage

Entre ces deux possibilités il existe une méthode alternative

L’utilisation d’un ancrage posé pour vous par un praticien afin de vous aider à utiliser l’autohypnose par la suite. Nous verrons plus tard en détail ce qu’est un ancrage, retenez simplement qu’il peut s’agir d’un geste que vous allez faire ou d’un mot que vous allez prononcer, ou les deux, à volonté et quand vous le souhaiterez afin de retrouver à tout moment et sans l’assistance de votre hypnothérapeute un état d’induction que vous avez expérimenté en cabinet et que vous voudrez retrouver seul et indépendamment par la suite. C’est une bonne solution pour débuter et passer progressivement de l’accompagnement par un professionnel à la pratique indépendante. Bien sûr, une fois que vous serez expérimenté vous pourrez vous-même mettre en place des ancrages pour retrouver plus facilement un état de transe vécu et le renforcer à chaque utilisation.

Le signaling

En autohypnose, il peut être utile aussi de mettre en place un signaling afin de vous aider à mieux communiquer avec votre inconscient. Vous entrez une transe et une fois en état d’autohypnose, vous demandez simplement à votre inconscient de choisir un code gestuel pour communiquer avec vous par oui ou par non. La plupart du temps on utilise un mouvement des doigts des mains, car c’est le plus pratique, votre inconscient choisira donc un doigt qu’il fera bouger pour vous dire oui (main dominante) et un autre pour vous dire non (main non dominante), par exemple, mais votre inconscient peut choisir une autre façon de communiquer, cela peut se traduire par des picotements, par un mouvement du pied ou autre. A vous d’être très attentif.

La dissociation

Pour pratiquer l’autohypnose vous devez vous dissocier, c’est-à-dire que vous allez vous adresser à vous-même en employant le “tu”, vous allez vous parler comme vous parleriez à une autre personne. Cela pourra vous paraître un peu curieux au début mais vous vous y ferez vite.

Les phénomènes hypnotiques

La transe hypnotique s’accompagne parfois (pas obligatoirement) de ce qu’on appelle des “phénomènes hypnotiques”. Le sujet peut être dans un état de transe profonde sans apparition de ces phénomènes, l’hypnothérapeute sait reconnaître l’état de transe à d’autres signes plus discrets (mouvements oculaires, bâillements, modification de la couleur de la peau, déglutition…), ils ne sont donc pas indispensables mais ils cependant bénéfiques en ce sen qu’ils ratifient (c’est-à-dire qu’ils confirment) l’EMC, en particulier pour le sujet. Ces phénomènes hypnotiques font suite aux suggestions émises par le praticien ou auto suggérées dans le cas d’autohypnose.

Elles peuvent prendre diverses formes :

  • la distorsion du temps, phénomène hypnotique très courant et en général involontaire, évoqué en début d’article
  • sensations diverses (picotements, lourdeur, légèreté, engourdissement…
  • impossibilité de bouger un membre ou une partie du corps (catalepsie)
  • mouvement d’une main, d’un bras… (lévitation)
  • le signaling, évoqué ci-dessus entre dans la catégorie des phénomènes hypnotiques
  • anesthésie, analgésie
  • amnésie provoquée,  hypermnésie
  • hallucinations visuelles, sonores, kinesthésiques

Pour débuter votre pratique de l’autohypnose, commencez par vous entraîner à entrer en état modifié de conscience, comme nous l’avons vu, soit en exploitant une transe naturelle spontanée, soit en provoquant vous-même l’EMC, avec la méthode de la focalisation sur un objet par exemple.

Articles complémentaires : C’est quoi l’hypnose ? “ et les “7 fausses croyances à propos de l’hypnose”.

Partager l'article :
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
    4
    Partages
  • 4
  •  
  •  
Véronique CHEYRIAS
Praticienne Hypnose Ericksonienne et Programmation Neuro Linguistique

2 Comments

  1. Super article ! Je pratique l’auto hypnose depuis quelques années et je trouve très rafraichissant de lire un article complet qui replace le cadre de la pratique de façon aussi claire. Merci 🙂

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Recevez gratuitement votre livre d'auto hypnose

x